Description
Né à Nice en 1954 et ingénieur de formation, il n’est pas homme insensible à la beauté, mais surtout à cette beauté intérieure, cette musique de l’âme qui font l’authenticité.
Avec une vie passée à défendre les sinistrés face aux assureurs et leurs experts, Dominique a trouvé dans la photographie un moyen de s’évader et d’humaniser son quotidien.
Sa rencontre avec les tribus de l’Omo en Ethiopie et de nombreuses Ethnies du Monde , telles que les Arhuacos en Colombie ou il a participé à la construction d’une école à 2 500 mètres d’altitude, les Mentawaï dans la jungle de l’île de Siberut en Indonésie, les Papous en Nouvelle-Guinée, les Berkutchi ( chasseurs avec aigle) en Mongolie., ses paysages du continent Antarctique, ses ours en Arctique ou encore ses animaux d’Afrique du Sud sont une élégie à un monde qui est en train de disparaître.
« Survival » pourrait qualifier ses travaux sur la vision d’un monde trop oublié et qui a tant à nous apprendre !
Sa série « D’Ebène et d’Abîme » en Noir et Blanc, sur la Résilience, exposé à la Maison d’Art de New-York en 2013 ainsi qu’à la galerie Mark Hacchem à BEIRUT est sans aucun doute un autre moment fort de son travail.
A travers cette exposition, ces deux artistes écorchés vifs et complémentaires ont voulu se plonger dans une véritable recherche artistique sur l’émotion au travers des stigmates visibles ou non de la souffrance personnelle d’un être et au travers de lui de tout un peuple dont il est le reflet.
Un combat intérieur pour se libérer des liens, du carcan invisible tissé jour après jour par l’éducation, les traditions, les contradictions, les humiliations et les souffrances réelles ou imaginaires érigeant ces murs qui prennent des allures de montagnes infranchissables qui séparent du bonheur d’exister…
Quatre « séquences » sont ainsi visibles au long de cette exposition, « la soumission – Prisonnière de son passé, de son éducation, des traditions… », « la révolte et la libération », « le rejet et la purification du mal être », « l’espoir, l’apaisement et la Renaissance ».
Dans sa série « Signature gestuelle », son approche et sa capture de la lumière, qu’il a appris aux studios Harcourt à Paris, est une signature. Cette lumière, tantôt profonde, tantôt vive, mate ou rasante, est un instrument essentiel pour dessiner le corps, donner du rythme aux images, faire ressortir le grain de l’épiderme ou l’élasticité des muscles. La lumière dessine le modelé de la forme, son harmonie… pour révéler les émotions de l’âme.
« La lumière c’est la clef de tout. »
Photographe de l’Opéra Nice Côte d’Azur pendant 15 ans pour les ouvrages lyriques, les concerts et les ballets, lui a permis de continuer ce voyage intérieur…
Ses images de Danse sont des moments de grâce qui traduisent l’amour qu’il a pour cet art.
Les danseurs disent d’ailleurs de lui qu’il respire avec eux.
Sa série Signature gestuelle témoigne de sa maitrise de la lumière et de l’élégance de ses prises de vue des corps des danseurs qu’il sculpte véritablement pour promouvoir des émotions sur les ressemblances et les différences entre la nature et l’homme.
Son modèle rend la pensée charnelle.
Adhérant pleinement au projet, celui-ci investit poétiquement les espaces en dialoguant avec la gravité. Puissance, grâce, subjuguent dans ces clichés. Chaque muscle se dessine, évoquant l’animalité sublime d’un félin, une énergie rare dans la tension des doigts, la stupéfiante solidité des pieds dans une adhérence au sol qui fixe l’élan et rend stable la tension de la jambe, combinés à la finesse de la taille sous la cambrure des reins.
Une impressionnante musculature qui sait se faire harmonie, un tracé rigoureux qui exalte la rondeur de chair, une intériorisation de l’émotion et de la sensibilité perceptible en chaque mouvement.
« Signature gestuelle » ne cherche pas a emprisonner le mouvement du danseur. Une signature est une trace qu’on laisse délibérément derrière soi pour signaler son identité. Elle atteste de la présence d’une personne alors même qu’elle n’est plus là. En regardant le travail de Dominique Jaussein, ce n’est pas du mouvement que je vois mais la formidable signature corporelle du danseur. Je ne vois peut-être pas comment il danse mais j’imagine comment il pourrait danser grâce à l’outil exceptionnel qu’il s’est forgé et qui est source d’inspiration pour le chorégraphe.
Observez bien ces photographies, les nuances de lumière et les innombrables détails qu’elles révèlent. Quand je vois ces pieds, je sais comment le danseur entre en contact avec le sol, quand je vois ses cuisses, j’imagine comment il s’en arrache et quand je vois le grain de sa peau, je perçois comment il vit et incarne ses rôles. « Signature gestuelle » n’est pas en prise directe avec le mouvement. Dominique Jaussein nous propose mieux : il nous entraine au cœur de ce qui fait la danse. Ses photographies contiennent à la fois en mémoire et en germe, ce qui est essentiel à l’art chorégraphique.









